Jeudi 28 août 2008
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On s’en doutait un peu depuis l’apparition des affiches, toutes en laideur, de son prochain
concert, où elle apparaissait, allongée, pattes écartées sur un sol de béton, Mylène Farmer nous inflige un nouvel album, comme si on avait besoin de ça. Pure coïncidence marketing, elle
s’exprime dans le magazine Têtu, ou plutôt elle fait du racolage de fond de caniveau en osant proférer : « je partage avec le public gay le sentiment d’être différent, qui provoque des
difficultés de vivre dans ce monde ». On aurait presque envie de pleurer, mais tout le monde n’a pas la chance d’avoir un mascara waterproof. Mylène souffre, ce n’est pas nouveau, néanmoins,
est-ce une raison suffisante pour faire souffrir les autres et débiter des conneries éculées au kilomètre ? Rien n’est moins sûr.
Que son public masculin soit en grosse partie gay, n’implique en aucun cas qu’une majorité de gay fasse
partie de son public, et encore moins que cette même majorité l’autorise à partager avec elle un quelconque sentiment de différence ou quoique ce soit d’autres d’ailleurs. Par ailleurs, combien
de temps, encore, faudra t-il rappeler que les gays, pas plus que les blacks, les juifs, les allergiques aux arachides, les gros, les handicapés, Valery Giscard d’Estaing, et qui sais-je encore
n’ont pas plus le monopole de la souffrance qu’EDF celui de l’électricité.
Toute différence, dans le monde actuel, peut forcément être vécue comme une difficulté, puisque l’humanité, partout
où elle a l’indécence de proliférer, ne sait pas faire autre chose qu’imposer des normes morales, esthétiques, comportementales, la liste n’étant malheureusement pas exhaustive. D’un autre point
de vue, ces différences sont autant d’expressions de liberté dans ce même monde normé jusqu’à l’ennui. Les difficultés ne viennent pas des différences, mais encore et toujours de la bêtise
humaine, on a jamais vu d’otarie dire d’un phoque qu’il était pédé comme un fan de Mylène Farmer.
Pour revenir à cette dernière, il faut lui reconnaître un certain aplomb. En effet, il faut faire montre d’un sens
du foutage de gueule des plus certain, pour gémir sur un mal de vivre qui est son fond de commerce depuis maintenant trop longtemps. Si elle éprouve des difficultés à vivre dans ce monde, force
est de constater qu’elle n’en éprouve aucune à vendre plusieurs fois les mêmes produits, sous des emballages différents, sous le fallacieux prétexte qu’ils sont, du coup, collectors. Si elle
partage avec son public gay le sentiment d’être différent, on remarquera qu’elle partage aussi ses initiales avec Mother Fucker, comme quoi le monde n’est pas toujours si mal
fait.
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