Jeudi 1 mai 2008
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17:02
Alors que le pétrole n’en peut plus de devenir trop cher, que le monde se prépare à crever de faim et que la Chine est sur le
point de n’absolument rien changer, la France découvre cindy sander (sans majuscule, c’est une question d’éthique), et son premier single, l’inepte « papillon de lumière ». Certains mélomanes
intégristes hurlent au putsch musical, c’est carrément Mazard qu’on assassine pour les fans de Véronique Jannot.
C’est un peu l’histoire d’une blague dont on s’est rendu compte trop tard, qu’elle avait duré au-delà du raisonnable.
Tout a commencé avec l’émission Nouvelle Star, et son casting de Strasbourg, ville il est vrai réputée pour ses saucisses. Cindy, une candidate, non contente de s’y faire refouler violemment, est
apparue suffisamment consternante pour exciter les passions moqueuses les plus féroces. En particulier celles du petit journal people de Canal Plus, dont on ne dira jamais assez de bien de
l’effet libérateur. Seulement voilà, depuis qu’on se fout de sa gueule, elle écume tous les plateaux télé, alors que sa place est manifestement dans son garage. Le mystère cindy sander réside
dans une curieuse alchimie entre la cristallisation de tous les clichés de la chanteuse ringarde, doublée d’une opiniâtreté dans l’imposition de son non talent, qui ne peut que susciter cette
forme de fascination, que l’on n'avait guère éprouvée, depuis l’annonce de l’imminence du thriller géopolitique écrit par Steevy boulay.
Alors bien sûr, certains rechignent à se moquer de cindy, arguant, à l’instar des anti-expérimentation animale, que
la question n’est pas tant de savoir si elle pense ou réfléchit, mais si elle souffre. Oui, oui, bon d’accord, mais avec son air un peu con, sa gueule enfarinée, son talent inversement
proportionnel à son ambition, et son discours de fille simple, imprégné de fausse humilité, capable de dire « Céline Dion c’est Céline Dion, cindy c’est cindy », elle a atteint son objectif en
nous baisant bien profond au passage : occuper l’espace médiatique et chanter.
Chanter tout et surtout n’importe quoi, avec pour preuve accablante « papillon de lumière », dont l’existence fait
redouter une nouvelle ère musicale récessive peu réjouissante. Alors que la polémique fait rage à propos de Sébastien Tellier, qui a l’outrecuidance de représenter la France au concours de
l’eurovision avec une excellente chanson, mais en anglais, et ça ne se fait pas de présenter une bonne chanson à l’eurovision, on laisse cindy sander piétiner la langue française comme d’autres
les droits de l’homme.
Non sérieusement, il faut arrêter ça tout de suite. Je ne veux pas être rabat joie, mais ne serait-il pas temps de mettre en pratique nos principes éco-responsables et éviter de gaspiller la
moindre ressource terrestre pour fabriquer ce disque ? Que dirons-nous aux générations futures, si elles découvrent que cindy sander en a vendu des milliers ? Qu’aurons-nous comme autre
explication qu’une fois encore l’humanité à fait sous elle, je vous le demande ?
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