Lundi 7 mai 2007
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Depuis dimanche, j’ai un peu mal au ventre, une idée du bonheur terrestre assez flou, et le vague sentiment que ma conception du monde n’est pas en vogue. Afin de ne pas dépasser trop vite la franchise d'une centaine d'euros de frais médicaux annuels que nous aurons peut-être bientôt, je me suis auto diagnostiquée une sarklose en plaques. Qui suis je pour m’auto diagnostiquer une maladie encore inconnue de l’OMS ? Ben, pour être honnête j’ai une forme de légitimité télévisuelle, je me suis tapé pas mal d’épisodes d’Urgences, un peu de Grey’s anatomy sans oublier bien sûr la clinique de la forêt-Noire qui est à la série médicale, ce que Derrick est au polar en scholl.
La sarklose est l’ultime stade d’une maladie qui a commencé il y a quelques années, quand les gens ont découvert le potentiel du vote en s’entraînant par sms. Déjà, là aussi, j’étais dans l’opposition. En même temps, je m’en battais pas mal les gonades de qui pouvait bien gagner le loft et autres starac, supposant que les grands vainqueurs ne seraient pas forcément les gagnants. Reste que le peuple votait pour ses gagnants, jamais les hypothétiques miens, ce qui nous a valu des candidats aussi bouleversant que magalie Vaé, dont on imagine que seul un duo avec Justin Timberlake pourrait faire sursauter une carrière vouée à l’oubli. Le public, un peu maso, s’est aussi offert la chronique d’une mort annoncée en élisant Grégory Lemarchal, récemment terrassé par la mucoviscidose, drame surtout familial dont la musique ne ressort pas plus chavirée que ça. Alors bien sûr que 23 ans c’est trop jeune pour mourir, et qu’il faut encourager la recherche sur cette terrible maladie, bien évidemment, les autres aussi. Et comme me disait Monsieur R, pas plus tard que vendredi dernier, après avoir vu 10 secondes de l’hommage aux relents de récupération mercantile diffusé par TF1 : « Est ce servir la lutte contre la mucoviscidose et rendre hommage à Gregory que rediffuser son duo avec un Patrick Bruel affligeant sur show must go on ? » Je n’ai pas vu, mais c’est vrai que bon, le message est déjà un poil relou, s’il est mal chanté ça devient douloureusement superfétatoire.
Durant toutes ces années, je me suis dit que je n’allais pas être souvent du même avis que le public niveau vote. Après le 21 avril 2002, j’espérais cependant que s’il pouvait être ému par une chanteuse boulotte, dégageant un ennui déraisonné, et aimer un peu plus un garçon en sursis, alors, il lui restait peut-être un peu de compassion pour les autres et un amour immodéré des libertés et autres égalités. Mes espoirs encore déçus ont déclenché cette sarklose, je peux me tromper, elle n’est peut-être pas si grave Mais si seulement elle pouvait être fatale, je pourrais alors peut être, en y succombant, faire une grande soirée antisarklose. En gagnant une élection quelconque ça serait plus facile alors écoutez Monsieur R, votez pour moi ! Il dit que moi non plus je ne suis pas un enculé comme les autres.
Par lj
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Dimanche 29 avril 2007
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14:32
Afin d’être tout à fait clair, je ne regarde pas l’émission Pékin express, j’en entends parler, l’oreille traînante, je suis toujours à l’affût du dernier ragot mesquin, dont seule l’humanité, dans sa grande mansuétude, peut m’abreuver jusqu’à plus soif. Ce n’est pas tant l’ennui poli que m’inspire les péripéties des candidats pour rallier Pékin à Bombay, avec un euro par jour, que la vague nausée me submergeant, qui me pousse à ne pas regarder. En effet quand on sait qu’une majeure partie des ouvriers chinois gagne moins de 100 euros par mois, l’exploit ne paraît pas surhumain. Quand on veut bien admettre qu’une large partie de la population mondiale n’a même pas cet euro, il y a de quoi s’étouffer de rire, jaune sans mauvais jeu de mot.En même temps, ils n’ont qu’à pas être pauvre, on a tous nos petits tracas quotidiens, un I-pod qui bugge, ou un déodorant qui nous trahit au moment même où l’amour se décidait à frapper à la porte alors qu’on y croyait plus.
Non contente de lâcher des candidats hystériques au milieu d’une population chinoise effrayée, elle démontre une fois de plus qu’à l’instar de la théorie de la relativité, si on n’a pas les bases, le français comme l’anglais n'est pas plus compréhensible qu’on le prononce lentement ou qu’on l’hurle. Encore plus fort, l’émission se permet parfois de relever les spécificités de la culture chinoise sous l’angle caca-beurk, ils ne sont pas normaux ces chinois, ils mangent n’importe quoi. Plutôt gonflé de la part de Français, montrés du doigt pour leur capacité à bouffer de la grenouille, et je ne parlerais même pas de nos fromages, volontiers considérés comme armes biologiques par nos amis d’outre-atlantique, quand ils ne sont pas occupés à s’entretuer dans les campus et autres lycées. Et là, cerise sur le gâteau, les images où l’on voit les candidats qui mangent du chien, puis un plan sur les carcasses des pauvres bêtes.
Il n’en a pas fallu plus à la SPA pour monter au créneau et porter plainte après la diffusion de ces images. Ce n’est pas tant le fait qu’on mange du chien en Chine (on soulignera l’anagramme), mais la cruauté avec laquelle ces créatures sont abattues, qui choque. Seulement, dans un pays que l’on soupçonne de pratiquer plus de 3000 exécutions capitales par an, le sauvetage de ces chiens ne me saute pas aux yeux, question de priorités. Loin de moi toute velléité de défendre cette pratique cruelle, même si je l’avoue, j’ai moi-même éprouvé à plusieurs reprises le désir coupable de vouloir abattre, non sans torture préalable, de nombreux roquets tenus en laisse par des maîtres m’inspirant tout autant de mépris.
Je comprends que la SPA se préoccupe de la souffrance de ces chiens, mais, par soucis de cohérence, j’aimerais autant de passion et de bruit contre le gavage des oies, qui les fait souffrir au-delà du raisonnable, pour satisfaire nos papilles blasées, cause dont la noblesse reste toute relative.
Par lj
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Lundi 26 mars 2007
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22:13
Comme le nom ne l'indique pas, c'est juste une nouvelle galeries de quelques photos cosmiques d'ou le nom.
2 petits exemples
Par lj
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Vendredi 23 mars 2007
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21:54
Le matin du 23 mars, je me suis levé avec la gerbe. Forcément, la veille j’avais maté le reportage d’Envoyé spécial sur les électeurs du front national, je l’avais bien cherché.
Le reportage commence avec les frontistes next door, ceux qui sont apparemment normaux, ayant l’air presque gentils. Ils essaient de se la jouer hyper ouverts, il y en a même un qui écoute de la musique pas très frontiste (polnareff) avant de se justifier d’un définitif et glaçant : « certains chasseurs aiment aussi les animaux ». Assumant leur rôle de vitrine, ils disent eux-mêmes que le front national s’est adouci. Sans blague ! On y croirait presque, mais non bienheureusement le paradoxe est insurmontable. Puis le reportage s’attache aux élus FN du département de l’Ain, soixantième au rang des départements les plus dangereux, c’est-à-dire qu’on a plus de chance de s’embrouiller avec une vache, que de se faire taxer une clope par une racaille polie. Ils parlent de violence, de zone de non-droits, avant de s’écraser comme des merdes quand il s’agit de citer des faits, marmonnant alors pathétiquement qu’ils ne veulent pas que ça arrive. Leur discours de fond, fidèle au front, n’est basé que sur la peur, infondée bien entendue, et surtout orientée vers les communautés étrangères parce que c’est plus facile pour reconnaître l’ennemi. Pour finir on s’intéressera à deux jeunes militants de sortie d’usine. Ce sont des jeunes comme les autres, ils se regroupent, écoutent de la musique et refont le monde. Bon d’accord, ils ont des rangeos et le crâne rasé, écoutent une sorte de magma ignoble sobrement appelé rock communautaire et le monde qu’ils rêvent est un monde sans étrangers, sans foulards, sûrement sans pédés, sans tribades, sans handicapés, sans différences et surtout sans joie.
Bien sûr ils sont tous irrémédiablement idiots, vautrés dans leur cristallisation des étrangers comme responsables de tous les maux. Confits dans leur connerie surréelle ils balancent leurs fantasmes gorgés de frustration, du genre 90 % des étrangers ne veulent pas travailler et on paye pour eux. Mais dans quelle partie visqueuse de leur cerveau, fini sans doute à la vieille pisse, peut donc se loger une telle aversion pour la réflexion ? De quel droit, ces engeances corrompues prétendent-elles incarner la France ? Alors que visiblement elles n’en connaissent ni l’histoire, ni les cultures, et encore moins les valeurs à force de croire qu’elle est à l’image du trou chiasseux, dans lequel ils nous infligent leur vaine existence. Comme tout ce qui est dénué d’intelligence, ils font peur, peur parce qu’ils sont irrécupérables, et qu’on ne peut même pas s’en débarrasser au cas où ils pollueraient. Ils font peur parce qu’ils croient que Le pen peut rendre la vie meilleure, comme d’autres crurent en d’autres temps et d’autres contrées qu’Hitler était un gars bien.
À la suite de ce reportage qui fout les boules, un autre sur le tourisme sexuel en Afrique, où des hommes bien blancs, peuvent s’envoyer une gamine de 14 ans et moins, pour 75 euros, j’ai coupé la nausée était alors trop forte.
Bon la prochaine fois, et ça s’adresse à l’équipe d’Envoyé spécial, un reportage sur le monde des bisounours ça serait super merci.
Par lj
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Dimanche 18 mars 2007
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20:13
Je venais à peine de vomir ma profonde aversion pour les leggings (cf. article précédent), quand une certaine Elalyse, internaute, me plongea dans la torpeur en me rappelant que les jeans slims, proches au niveau du concept, pouvaient se porter aussi par les garçons, genre sexuel qui est le mien. Excusez mon manque d’enthousiasme apparent, alors que je n’éprouve aucune aversion pour la mode, ma pudeur, farouchement hostile au n’importe quoi textile, empêche toute effusion inconsidérée de ma part.
À la différence des leggings qui sont en tricot, les slims sont en tissu, et n’en tirent aucune gloire particulière. Slim signifie fin, étroit. Ce style de jeans fut beaucoup porté dans les années 80, dont on ne rappellera jamais assez combien elles ont pesé dans l’histoire de l’élégance avec un petit é. Outre l’apparition du chatoyant fluo, elles apportèrent également le pull chauve-souris, dont la laideur intrinsèque fit rater son come-back, il y a peu, à moins que ce ne soit parce qu’on n’avait pas pris soin de l’angliciser en lançant la tendance du batmanning. Le slim a paraît-il, l’avantage un peu abscons d’équilibrer une ligne, l’inconvénient, il fait des jambes décharnées et peut rendre la plus belle paire de fesse, toutes paires de chromosomes X et Y confondus, plate et déprimante comme un dimanche à Charleroi. Grâce à cette aptitude à accentuer la maigreur des corps déjà pas épais, le slim se fait appeler skinny, glorifiant au passage une esthétique famélique, de celle qui pousse à vivre de salade, de pommes et de coke, light ou en ligne à équilibrer. Il va de soi qu’il n’accorde que peu de clémence aux imperfections pondérales. Ceci étant dit, je rappelle que je ne connais rien à la mode, que je ne sais pas ce qui me fait dire que je peux me permettre, et que vraiment quel abruti autoflagelleur.
Pendant que les leggings ne véhiculent aucune image particulière sinon un vague ennui boursouflé, le slim a un côté anorexorebelle stylé faisant de lui le support idéal pour le renouveau du rock qu’il illustre à merveille si on en croit les tendançologues les plus réputés. De là à dire que le slim fait le rockeur, il n’y a qu’un pas que je laisserais franchir uniquement par ceux qui écoutent du rock parce qu’il le faut bien.
Bien entendu, mon avis ne regarde que moi, peu m’importe que vous portiez des slims si vous m’accordez la liberté de ne pas en faire autant. Et surtout, puisqu’on n’a jamais vu personne, mélanger les torchons et les serviettes, pourquoi mélanger le rock et les slims je vous le demande ?
Par lj
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